mardi 28 août 2012

Marie Cosnay - Lectures sous l'arbre 2012


Marie Cosnay lit des extraits Des métamorphoses, Cheyne éditeur, coll. Grands fonds, 2012.

Lysiane Rakotoson - Lectures sous l'arbre 2012


Le matin a remué d'un coup sa volière de silence
et de lumière.

Je porte cette bure jusqu'à ce que le poème
creuse un passage dans ta chair

[incipit, p.11]

Lysiane Rakotoson lit des extraits de Une neige et des baisers exacts, Cheyne éditeur, coll. Vocation, 2010. (Prix de la Vocation 2010 de la Fondation Bleustein).

mardi 14 août 2012

- au long des chemins / qui sinuent


(Sur des vers de Henri Meschonnic "Puisque je suis ce buisson" aux éditions Arfuyen, 2001) "Viennent / en silence", livre d'artiste avec des peintures et encres de chine de André Jolivet, 9 exemplaires dans un format de 27 x 27 cm avec un coffret. Voltije Editions Ltd., 2012.

samedi 4 août 2012

#aftervasesco - L’éveilleuse endormie - C. Zottele

Initiés le mois dernier les #aftervasesco sont en quelque sorte le prolongement de ma lecture des vases communicants de chacun, auxquels je participe depuis peu (une forme d'hommage également à leurs instigateurs François Bon, Jérôme Denis et à leurs petites mains, Brigitte Célérier). Deux évocations marquantes dans ces #vasesco du mois d'août, Gimme Shelter (1969) d'une part et d'autre part Kaboul, le présent des Rolling Stones et l'ailleurs d'un Afghanistan opiacé qui ont donné lieu à cette vision un peu décalée aux anachronismes totalement assumés, sur un titre de Christine Zottele.

#aftervasescommunicants  04 août 2012  L'éveilleuse endormie (@czottele, Christine Zottele) - 03 août 2012

Gimme Shelter (écoutez), le film - à vitesse réelle on ne voit pas grand chose.  

Il y a la mention de ce parc minuscule, avec un grand arbre en surplomb de la terrasse, une odeur d’urine qui vous prend à la gorge, une fuite, deux fuites… d’eau qui ont démoli ton épaule déjà meurtrie – un homme revient et raconte les montagnes, l'hôpital de Kaboul, le froid, la neige.

Pause, cinq minutes, juste le temps de fermer les yeux - ta main multiplie la mienne et nos visages floutent nos êtres. 

Tu ne sais pas quoi lui dire. Tu finis par trouver dans une étagère vide du fond de ton cerveau les ombres la couleur la clameur la transperce le mur   qui éclatent langue larmes  saigne ciel nuages oiseaux  arrache paupières masque  profane peau mains corps  tu as regardé tes pieds, regardé la cour, la ville. Tu as parlé avec tes peurs, tu les caresses, tu les regardes dans les yeux, enfin. Et puis cette énergie exténuante qui te laisse là, incapable de bouger, les yeux en l’air et qui entre dans les poumons et les pores, manipule les glandes sudoripares  le tout-venant des mots, entassés pêle-mêle et dont tu n’arrives pas à croire au mécanisme brut.

L’histoire ne se répètera plus, lui dedans, toujours, lui et dedans. Les mêmes horizons, mais comme habités par une indéfinissable différence. Et la langue qui bégaie, les silences où on ne les attend pas  c’est une fenêtre d’hôtel  peut-être  la chambre a des ailes – c'est un peu fou un peu parti, ces arcades et cette place au bout de la rue qui descend.
Vent écrit visuel fond de cadre et sonore, premier plan.

Quelques bouts de toi, laissés épars dans cette chambre qui prépare ton départ - gagner on ne sait quoi l’idée de rêver ? Je ne comprends pas pourquoi mais le même phénomène ici se répète – apathie, intropathie, télépathie. 

Nous avons trop pleuré et je me sens à la fin du voyage, l'éveilleuse endormie


(Plus tard, se relever @francoisbonneau - François Bonneau)


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jeudi 2 août 2012

#vasesco – François Bonneau

Troisième participation aux #vasesco et avec quelqu'un que je ne connaissais pas, jusqu'à ce qu'on sympathise suite à un appel à contribution sur Facebook, ce réseau qui chaque mois nous permet, grâce au travail méticuleux de Brigitte Célérier, de planifier chacun nos échanges. Une contribution ce mois-ci qui est donc l'occasion d'une rencontre également et d'une découverte, celle de François Bonneau - dont je me suis permise de télécharger aujourd'hui les Millimètres sur Publie.net que j'ai pu lire et écouter dans la soirée avant de poster ce billet. Son texte sur la ville et mes photos sont disponibles ici, mon texte sur la ville et ses photos le sont en retour sur son blog l'irrégulier, dont je vous recommande la lecture. 

Tout à coup, pendant ce temps
Texte :  François Bonneau
Photo : Déborah Heissler (Wuhan, Hubeï)



Trop plein de « tout à coup » et de « pendant ce temps », je me suis assis. En me tenant les côtes qui au moins ne bougeaient pas.

Peut-être les « tout à coup » et les « pendant ce temps » n’essaieraient plus de s’échapper cette fois, peut-être arrêteraient-ils de se faufiler dehors, par les interstices, en déplaçant une côte ou deux ; mais celles-ci étaient bien tenues, alors rien ne bougeait.

Assis là, aucun des « tout à coup » et des « pendant ce temps » n’osait essayer de sortir. Pas même la grue, au loin à gauche, pas même la lune. Et quant au sous-sol…


Alors je restai assis.

Le gris s’est dissipé en volutes cellophane. Le ciel, gêné, a rougi. Parme, saumon framboise, les domiciles au loin se recouvraient de teintes vives, peut-être comestibles. Mes yeux n’avaient plus très faim, la lune montante se colorait aussi. Il fallait bien lâcher ces côtes.


Et puis, au dessus ça s’est déchiré, ça s’est tâché, froissé et recouvert encore, c’est devenu de moins en moins comestible, la grue semblait charrier du vert, et le dissoudre dans l’horizon. De nouveau, tous les « tout à coup » et les « pendant ce temps » tambourinèrent ensemble.

Alors je les laissai partir, mes côtes devenues piètre cage.

Je les laissai sortir sans qu’ils n’écorchent mes côtes, d’un mouvement fluide. Ne resta que les déchirures du réel, la cheminée jalouse des nuages. Plus tard, se relever.


François Bonneau

mercredi 1 août 2012

Onzains de la nuit et du désir / Jean-Yves Masson

Divinement courbées sur le sein de la terre
ô lumières de l'arc-en-ciel quand va cesser la pluie,
portes d'un temple d'air,
lumières élevées sur l'eau du temps vous êtes
douces dans les feuillages quand les branches
s'égouttent lentement et qu'un manteau de ciel
descend sur les mains jointes des églises.
Or, lumières conciliatrices, malgré moi
j'entends toujours la plainte et le tumulte de l'orage :
tant de souffrance et d'ombre et tant de joie en lui
que mes pensées aussi se courbent vers la terre.

Jean-Yves Masson, Onzains de la nuit et du désir, éd. Cheyne, Chambon-sur-Lignon, p. 83.