mercredi 23 février 2011

Elle. Tu étais venu l’attendre à la gare hier et nous avons fait le voyage ensemble. Toi, moi et Anna. Une jeune fille avait posé un livre sur la table voisine, je m’en souviens. [...]

Si loin, le bois d’ébène
de quelques fruits au cœur nocturne encore

ouverts sur ta nuque sèche
ou bien admettre que la nuit décline


*

Ensuite ? Il y avait eu un long silence. [...] Peu à peu, le chauffage embua la glace de la fenêtre à mesure que s’éteignait dehors, les paysages de la plaine défilant derrière la vitre. Le train avec ses trois ou quatre wagons à bout d’usure ne ressemblait en rien aux rapides des grandes lignes centrales.

Karol près de la fenêtre. Il avait tourné la tête sur sa droite pour contempler le paysage. Non pas que le paysage l’intéressât ou l’émût particulièrement. Le paysage, cet après-midi, ne l’intriguait pas de façon particulière.

Il faisait plutôt froid et les cierges grésillaient avec insistance, l’insistance de petits grillons obstinés sur le cœur nu.

samedi 19 février 2011

[...] A l'instant attendu
Au creux de l'inouï
Aux confins du dire
*

[... L]es deux grandes figures rhétoriques issues de la très ancienne tradition du Livre des Odes, à savoir le bi, comparaison par laquelle l'homme cherche dans la nature un élément pour illustrer un sentiment jailli en lui, et le xing, incitation par laquelle certains éléments de la nature éveillent en l'homme des sentiments latents. De ces deux idées fondatrices qui sont complémentaires, les maîtres ont dégagé un ensemble de réflexions qui se cristalliseront plus tard, sous les Song (XIè-XIIIè siècle), autour de la notion central de qing-jing, "sentiment-paysage".**

L'infini n'est autre
Que le va-et-vient
Entre ce qui s'offre
Et ce qui se cherche
Va-et-vient sans fin
Entre arbre et oiseau

Entre source et nuage
***

*François Cheng, Le livre du vide médian, Albin Michel, 2009, p. 151.
**Op. cité, p. 13.
***Op. cité, p. 29.

jeudi 17 février 2011

Sans poids, dans la proximité des mots... ce lieu diurne d'inadvertance, sève feutrée des veilles singulièrement proche encore

presque trop
. Il m'a suffi de quitter son pli pour admettre que la nuit décline. Que demeure l'éphéméride seul des moments passés avec toi. Le truisme de l'oubli de toi. Conformité étroite au regard

Toi-rien, puis toi exactement

mercredi 2 février 2011


Lecture mercredi 9 mars 2011 à 19h30, Auditorium de l'Alliance Française (http://www.alliancefr.org/), 75006 Paris

• présentation des poètes publiés récemment par Cheyne éditeur

• lecture : Lysiane Rakotoson ("Une neige et des baisers exacts"), Déborah Heissler ("Comme un morceau de nuit, découpé dans son étoffe"), Ito Naga ("Iro mo ka mo, la couleur et le parfum"), Antoine Wauters ("Ali si on veut")

Auditorium de l'Alliance Française - 101, bd Raspail, Paris VIème - Métro Notre-Dame-des-Champs - T. 01 42 84 90 00