vendredi 19 novembre 2010

“Ce qui arrive” de Claude Chambard.

Esquisse d’un récit à Sophie



Point de Lettrine ou de miniature (p.13) dans “Ce qui arrive” de Claude Chambard. Le récit commence par une image en forme de palimpseste et dont cependant, on ne saisit quasiment rien ; « ma / et le / n’ont / on / sont » sur la colonne de gauche et « Assyrie / ont filles / elle fait » à droite. Il n’y a là aucun portrait non plus. L’ouvrage est dédié à Sophie simplement - dédicataire du recueil dont nous savons qu’elle est la compagne du poète aussi, celui qui la nommera à plusieurs reprises Fée :

Enfant, [celle qui écrit] des lettres passionnées à l’amoureux qui viendra. [Celle qui apprend] par cœur, les plus beaux poèmes d’amour qu’elle découvre dans de lourdes anthologies […] ou celle encore qui joue inlassablement sur le Pleyel du salon, les Prélude & Fugue n 1, en ut majeur, BWV 846, de Johann Sebastian Bach […]. (p.45)

Comme en échos à ce premier passage, Claude Chambard choisit de répondre par la référence à la photographie et à ses paradigmes lexicaux, tels que ceux-ci puissent immortaliser la figure de Sophie.

On fait des photographies avec le 6x6 noir — de marque Rolleilflex —, on commence les albums de souvenirs, puisqu’on ne peut rien savoir du passé, puisqu’il y a la promesse d’un retour où l’on se souvient au présent — comme dans les livres […] (p.49)




Un récit. C’est un récit qui, petit à petit, de phrases en

images, s’écrit au présent antérieur. Enfant, il s’enivre

dans l’épicerie familiale, enfant elle l’invente dans ses

cahiers. Ils se rencontrent. Il se mélangent. Ils mêlent

leurs deux langues en un micmac de lecture. Deux

langues qui se joignent peuvent tout renverser.

Claude Chambard