samedi 24 juillet 2010

mercredi 21 juillet 2010

Prendre les sens interdits, sans hâte, en sens inverse. Mais l’autre attentive et souriante, reste inflexible, assistant la première dans ses gestes trop brusques et maladroits. J’ai le sentiment d’être vieux, tout à coup, tandis qu’elles grandissent. Et plus elles grandissent, plus le ciel lui-même augmente. C’est une femme jeune, entre les pommiers ronds, dans la nuit ouverte.

Près de toi,
d’elle, j'ai rêvé parfois à bâtons rompus
le débris des jouets, qui affleure
sous le clavecin orangé-vif, le désordre qui s’équilibre


Puis la curiosité retombe et l’épaisseur des acacias sombre, portée vers l’avenir – Qu’as-tu fait de ton épouse ?

[...]

mercredi 14 juillet 2010

— cette rumeur qui n'en est pas une

qui ne fait aucun bruit,
quand bien même
le vent
se mettrait à souffler
par les chemins abrupts
ainsi
de cette fin du jour
qui s'ouvrent, se déploient
comme on voudrait que le fasse
le temps

[...]

jeudi 8 juillet 2010

Sur la disparition de Laurent Terzieff

Sa voix qui déploie sur le champ de la précision, de la folie de Claudel, toute une naissance sans cesse recommencée : que chaque verset soit une unité, quelle que soit la longueur de ce verset, et qu’à chaque verset appartiennent une scansion, un rythme, une syntaxe propre, c’est cela qui rend Claudel inépuisable, essentiel. Qu’à chaque verset se redonne la langue dans un effondrement différent — la foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit, ni deux fois à même vitesse.**

Laurent Terzieff lit le début de Tête d’or.



**Laurent Terzieff | la voix de Claudel par Arnaud Maïsetti.

mercredi 7 juillet 2010

Fragments
pour délier les doigts


[...]

fragments
nocturnes préludant

au corps noué
voûté - ici
et maintenant

samedi 3 juillet 2010

Présent à l'esprit ce poème de 1947, où Eluard compare le soleil dans la forêt à un ventre qui se donne dans un lit - si je vous le dis avançait-t-il, vous me croyez et approuvez tous mes désir, « si je vous dis que le cristal d'un jour de pluie / Sonne toujours dans la paresse de l'amour / Vous me croyez vous allongez le temps d'aimer [...] » où, écrivait-il encore La poésie doit avoir pour but la vérité pratique.

vendredi 2 juillet 2010

Coll. grise à paraître

Tu regardes, tu respires la terre un instant. Tu écoutes. Le ciel est clair, les nuages presque entièrement blancs dans la chaleur intense du ciel d’août. Tous les pommiers sont là, leur couronne un peu plus ample, à peine, et c’est un peu de nuit qui coule dans de la nuit, une multitude de petites fleurs qui s'ouvre dans la nuit avec une odeur de semence et de rose, comme un morceau de nuit découpé dans son étoffe.

[...]

Poursuivre cette lecture dans la revue en ligne Terres de Femmes d'Angèle Paoli.