dimanche 28 septembre 2008

Qu’est-ce que j’ai voulu dire là, et que j’ai dit si mal ? Encore une fameuse extravagance ; une chose à peu près impossible à penser et à dire. […]



(Il faut dire les choses comme elles étaient, mais c’est là que les difficultés commencent.) Quelque chose, une fois de plus, dans ce lieu, m’a surpris et m’a émerveillé (il n’y a pas d’autre mot, bien que l’usage ait tellement affaibli celui-ci, comme maint autre).

Ph. Jaccottet, « Apparition des fleurs », section Après beaucoup d’années, in Cahier de verdure, Paris, Gallimard, « Poésie », 1994, p. 77-78.

Dans la nuit me sont revenues, avec une intensité pareille à celle que produit la fièvre, d’autres images de promenade ; au sortir d’un de ces rêves où l’on voudrait que certain nœud moite et vertigineusement doux ne se dénoue jamais. Cette fois-ci, c’était toujours de la réalité, un morceau du monde, et en même temps une espèce de vision, étrange au point de vous conduire au bord des larmes (cela, donc, non pas sur le moment, mais dans la nuit qui a suivi, devant, telles qu’elles me revenaient, ces images insaisissables d’un fond de vallée perdu où pourtant nous étions réellement passées).


Ph. Jaccottet, « Hameau », section Après beaucoup d’années, in Cahier de verdure, Paris, Gallimard, « Poésie », 1994, p. 145.