dimanche 27 juillet 2008

Rabindranath Tagore

De peur que je n'apprenne à te connaître trop facilement,
tu joues avec moi.
Tu m'éblouis de tes éclats de rire pour cacher tes larmes.
Je connais tes artifices.
Jamais tu ne dis le mot que tu voudrais dire.
De peur que je ne t'apprécie pas, tu m'échappes de cent façons.
De peur que je te confonde avec la foule, tu te tiens seule à part.
Je connais tes artifices.
Jamais tu ne prends le chemin que tu voudrais prendre.
Tu demandes plus que les autres, c'est pourquoi tu es silencieuse.
Avec une folâtre insouciance, tu évites mes dons.
Je connais tes artifices.
Jamais tu ne prends ce que tu voudrais prendre.

(Le Jardinier d'amour, XXXV)

mercredi 23 juillet 2008

la lumière aux branches nues
se fige et fait silence






comme une mesure
du temps

dans l’acte de connaître
et de nommer

vendredi 11 juillet 2008

à dévorer le jour
aussi visages corps – peaux

Corot
Lorrain



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l’aube semble
une couleur tombée du ciel