jeudi 31 mai 2007

mardi 29 mai 2007

Ce qui semble unir Marguerite de Valois, Pierre de l’Estoile et Montaigne ; l’existence d’une écriture seconde qui nécessiterait une certaine forme de réclusion, le recule favorable peut-être à l’expression de l’intimité.


La tentation du voyage chez Montaigne pourtant, est grande. Il avait rêvé de voyager plus, de visiter la Pologne et Constantinople notamment, mais il n’a pas eu l’occasion de réaliser ce rêve. Il y a chez lui une véritable frustration du voyage qu’il comble par ses lectures, un déplacement horizontal qui n’est jamais dissociable d’une dimension verticale de l’art, susceptible de transcender la vie, via l’écriture-lecture.


L’implication de l’essayiste devient plus importante. Exagium désigne la balance : le projet de Montaigne, c’est de s’emparer du savoir des anciens, de le peser, d’en évaluer la pertinence du propos. La vérité éclate dans le jeu de la balance, mouvement constant, susceptible d’amélioration.

Arrivé à Rome, Montaigne va se mettre à écrire. Il se produit en lui la prise de conscience subite de l’Essai antérieur, qui ensuite provoque une mise en abîme de l’écriture du moi. Trois types d’écrits s’articulent, l’Essai antérieur, ce que Montaigne relate et ce qu’un secrétaire relate pour lui. C’est dans cette pluralité de points de vue, ce jeu multiple des facettes, que se structure l’écriture du moi.

Il s’agit comme pour Pierre de l’Etoile d’une écriture au jour le jour. Mais la relation à l’espace y joue un rôle central, participe à la structuration du moi. Le Journal prend l’aspect d’un guide touristique, d’un instantanée qui retranscrirait un moment donné dans un espace donné. La description toponymique des différents endroits traversés y figure de manière précise.

S’il s’agit d’isoler une thématique cependant ou un sujet de questionnement, ce serait la mort placée au fronton du texte qui commence avec l’évocation d’un ami blessé ; la visite d’une abbaye donne alors lieu à une description précise des ossements et des tombes que Montaigne a pu y observer, trahissant sa hantise d’être enterré en terre étrangère.

vendredi 25 mai 2007

Passeport, convention et autres formalités administratives. Faire le tour des bureaux et règler tout ça aujourd'hui, dans la mesure du possible. Séjour à New Delhi le 29 juillet prochain.

jeudi 24 mai 2007



Jiri Kylian's Black And White Ballets : Nederlands Theater (1997)

Un extrait de "Falling Angels" (1986) ; chorégraphie de Jiri Kylian, musique de Steeve Reich.

La pensée s’obstine sur l’image remémorée du tableau, « ce Paysage avec la chute d’Icare, de Breughel, où le laboureur est si proche et le héros presque indiscernable ; et j’ai cru voir commencer maintenant une nouvelle ère du regard […] » explique le poète – le partitif apparaissant en exergue, et l’attribution à Breughel, presque secondaire.

Le dépouillement se fait alors petit à petit, « j’ai pensé pour finir […] » suscitant le retour de la pensée sur ses propres traces. On percevra d’autant plus aisément l’axe de symétrie, le lieu central, par rapport auquel les deux parties du tableau s’organisent en miroir.

C’est autour du silence que le tableau trouve sa stabilité : l’énergie de l’évocation multipliant les figures d’opposition, en commençant par l’apparition, dans le singulier de la solitude concrète si l'on veut, du corps chu auquel personne ne prête attention.

Paysages avec Figures absentes, Ph. Jaccottet, Paris, Gallimard, 1997, p. 34.

mardi 22 mai 2007

Journal de la courtisane et poétesse Izumi, qui a en partie inspiré son livret au compositeur de Da gelo a gelo entendu hier soir à Garnier.


[...] VOIX D’IZUMI
Je me rappelle le parfum

sur la ramille je préférerais
entendre le coucou

(Le Prince lit)

(il écrit la réponse. Au Page :)
PRINCE – Ne le dis à personne, on croirait que je suis
amoureux

(Izumi la reçoit sans répondre) [...]

--
Un échange déclamé ou quelquefois chanté des messages et des lettres, que s'adressent les deux protagonistes. Ils évoluent sur une scène dépouillée où l'éclairage, pour beaucoup, matérialise l'espace du Prince et alternativement, celui de la courtisane, sphères d'écoute ou de lecture de l'échange amoureux.

Le spectacle n'est pas facile d'accès. Il faut y entrer progressivement. Certains spectateurs pendant la générale, ont préféré quitter la salle ; je suis restée. L'accueil partagé de Robyn Orlin et de L'Allegro, il penseroso ed il moderato début mai, me laisse penser qu'il sera difficile également d'imposer cette production.
--

Création co-commande du Festival de Schwetzingen et de l'Opéra National de Paris. En langue italienne.

Izumi, cortigiana Anna Radziejewska
La nutrice del principe, la cameriera di Izumi Cornelia Oncioiu
Il paggio di Izumi Felix Uehlein
Il paggio del principe Michael Hofmeister
Il principe Otto Katzameier

Direction musicale Tito Ceccherini
Mise en scène Trisha Brown
Décors Daniel Jeanneteau
Costumes Elizabeth Cannon
Lumières Jennifer Tipton

dimanche 20 mai 2007


Amusée par les adaptations cinématographiques du Fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux, que j’ai pu trouver tout récemment.



On pense et on repense l’édifice de manière complètement anachronique, en lui prêtant des airs baroques et parfaitement dramatiques qui ne correspondent en rien à son architecture, italianisante certes et quelques fois même renaissante d'inspiration, mais particulièrement moderne aussi pour l’époque (inauguration du bâtiment en janvier 1875), où le stuc et les marbres du foyer, de l’avant-foyer et de l’escalier, occultent encore ces fameuses structures de fer que l’on finira par exhiber, avec la Tour Eiffel notamment, dès 1889.


C’est dans les combles situés au-dessus de la coupole Lenepveu, où l'on a fini par aménager des salles de répétitions, qu'il faut aller pour s’en convaincre.


On est plus proche ici des innovations techniques, métalliques, du début du siècle, que des constructions en bois qui constituaient ces grandes scènes lyriques, sujettes aux incendies, dont se sont plus ou moins inspirés Dario Argento ou Joel Schumacher, en 1998 et 2004.

Le plus déroutant dans ces fictions, ces galeries comme des grottes, inondées, qu’on imagine parcourir les sous-sols du bâtiment. Rien de tel. De simple cuves d’eau, anguleuses, où évoluent quelques poissons blafards.

samedi 19 mai 2007

Cette mélodie en tête depuis ce matin

Ani na wody, ani na lasy, ale po wsystkie / Czasy pod twym okienkiem i tylko dla ciebie / Gdybym w słoneczko mogła zmienić siebie [...]

dans l’autrefois sans fin de l’enfance ou bien l’ailleurs de la maison natale

Frederik Chopin, Życzenie, op. 74 no 1, sur des paroles de Stefan Witwicki

jeudi 17 mai 2007

Opéra Garnier | Bibliothèque-Musée


Un lot de photographies de Roger Pic datées de mai 61, particulièrement intéressant, que je traite ce matin.


Soloviev, Kolpakova, Semenov, la troupe du Kirov au grand complet, à Garnier en mai 1961, au moment où Noureev décide de rester en France alors qu'on s'apprête à le ramener à l'Est.

Dans les archives, je trouve un dossier d'artiste relativement épais à son sujet. On y évoque l'épisode du Bourget, de l'aéroport.

Peu d'articles en définitive sur le jeune homme qui a très certainement dansé dans la Belle au bois dormant également, le 17 mai de cette même année, ce qu'on m'indique dans un numéro de L'avant-scène Ballet Danse consacré à Noureev, que je consulte. Reprendre ce lot un peu plus tard.

mardi 15 mai 2007


[...] Le hasard sans doute a voulu cette justesse d’expansion qui communique au travers des âges le décor des origines, des livres anciens. Lentement, la toile qu’on avait étalée sur le visage de Blanche, je l’écartais. Il n’y avait plus devant moi, que deux petites filles. L’été dernier, et ceux qui avaient précédé. Ceux d’avant. Je trébuchais au bord de la pelouse, dans les cendres en pincées, lyrique. L’appareillage restait substantiel. Personne. Toi-rien, puis toi exactement. [...]


« Sur l’arbre de Judée », Cahiers slaves, Paris IV – Sorbonne, 2005, Hors série n°7, pp. 143-148.

(Photo : Nathan Heissler).

samedi 12 mai 2007

chemin brûlé
d’ortie safran sur les mains

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froissement du bleu
des ronces ample ajouré l’odeur

est forte d’origan derrière le volet
parce que la nuit finit



en immenses nids de guêpes
sur le désert ingrat

jeudi 10 mai 2007

oublie et n’oublie pas
la nuit l’abîme à dire

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grenades frénétiques dénuées de sens
sous la caresse

allant l’air
et la sarabande



grave sourde intense
aux terres nues brûlées

dimanche 6 mai 2007

Une conversation surprise dans le métro entre une enseignante en communication et deux jeunes femmes, des étudiantes, sur les attachés de presse, l'information, le pouvoir et les média. J'ai appris à vingt heures qu'on avait élu Monsieur Sarkozy.

Je n'ai pas spécialement envie de lire la presse ce soir. Nous n'avons pas non plus évoqué tel ou telle autre candidat avec l'enseignante chez qui j'ai passé l'après-midi. On connait les positions de Monsieur Sarkozy dont on ignore, sur la durée, jusqu'où il pourra les tenir.

samedi 5 mai 2007

Trouvé sur le Web, Minilogue - Hitchhiker's choice, cette animation de Kristofer Ström...




Naissance le 5 mai 1818, du philosophe et économiste Karl Heinrich Marx, à Trèves en Rhénanie (région d'Allemagne). Mort de Napoléon Bonaparte un 5 mai de l'année 1821.

31 ans cette année.

vendredi 4 mai 2007


Ecouter en ligne trois textes d'Anne Parian, glanés dans Poésie sur écoute - épisode 68 de Pierre Ménard (oui ... on pense à Jorge Luis Borges, le poète argentin n'est-ce pas ?) :

et télécharger le fichier : Clic droit sur le lien / Enregistrer sous... 

Téléchargement >> [mp3 : 12,8 Mo] Il s'agit des trois textes d'Anne Parian que je découvre ici, enregistrée au Centre international de poésie de Marseille

« A moi, singe, partout » : Texte d'Anne Parian.« Les Archipéliens » : Une lecture d'Éric Audinet, Jean-Marc Baillieu et Anne Parian.« Cher g. » : Texte inédit paru (et revu) depuis chez Contrat Maint sous le titre « Untel », en 2005.

mardi 1 mai 2007


L'Heure creuse. Le charme de Beaubourg ce matin, sur les coups de sept heures, comme une grande Cité morte où l'on ne croiserait plus personne.